NOS SOURCES D'INSPIRATION

Vous n’arrivez toujours pas à nous mettre dans une case ? Tour d’horizon de ceux qui nous inspirent.

Le municipalisme ou la politique par le bas

Reprendre le pouvoir pour le partager, c’est le pari que se sont lancés de nombreux mouvements politiques partout dans le monde. Des villes « rebelles » espagnoles (Madrid, Barcelone, Cadix) au confédéralisme démocratique du Rojava, en passant par toutes les listes participatives qui essaiment partout en France, c’est aujourd’hui un mouvement de fond qui tente avec pragmatisme de nous redonner espoir en la politique pour faire changer notre quotidien.

Face au chômage endémique, à la crise de légitimité des élus, et pour l’avènement d’une société écologique post-croissance, le mouvement municipaliste incarne un agenda démocratique visant à ré-impliquer les citoyens en prônant le retour à une échelle humaine des affaires publiques. Les institutions locales constituent en effet le niveau de gouvernement le plus proche du peuple et elles offrent donc  l’opportunité la plus grande de créer une démocratie permanente qui aille plus loin que de voter tous les 5 ans. Le municipalisme cherche à mettre en place un changement « par le bas » en combinant un ensemble de stratégies : réformes radicales, nouvelles pratiques de démocratie, soutien actif des initiatives citoyennes et des alternatives solidaires, cogestion des biens communs, etc.

« Si tu ne t’occupes pas de la politique, la politique, elle, s’occupera de toi » // Denis Langlois

Au niveau mondial, toutes les plateformes municipalistes sont répertoriées sur le site des « Fearless Cities » , notamment celle de Barcelona En Comù) et en France sur le site de la « La Belle démocratie ». Vous pouvez également consulter le site de Nantes en Commun ou de l’Archipel Citoyen, deux mouvements municipalistes proches de #NousSommes par leurs contextes métropolitains.

« À nous la ville ! Traité de municipalisme » Jonathan Durand Folco. Prenant appui sur de solides bases théoriques et de nombreux retours d’expérience, l’auteur expose les contours de la stratégie politique municipaliste et réhabilite la municipalité comme espace politique et vecteur de transformation sociale.

Conférence « Le municipalisme peut-il redonner foi en la politique ? » avec Elisabeth Dau de CommonsPolis, think et do-tank franco-espagnol dédié aux questions de Transition, communs et municipalisme // Dominique Voynet, Maire de Montreuil (EELV) de 2008 à 2014 // Ludovic Lamant, journaliste à Mediapart, et auteur de « Squatter le pouvoir – Les mairies rebelles d’Espagne »

Ecologie sociale : organisons notre résilience

Nous nous reconnaissons dans l’écologie sociale qui affirme que les crises sociales et climatiques sont les deux visages d’un même système. Défendre l’écologie c’est aujourd’hui défendre l’accès à des droits fondamentaux en danger : se loger, se nourrir, se déplacer, se chauffer, se soigner, etc. Il n’y a aucun sens à opposer les luttes sociales et écologiques, et ce d’autant plus pour les années à venir, durant lesquelles nous allons devoir organiser la résilience de notre territoire face à des crises climatiques, économiques, sociales et migratoires majeures.

Parmi ce courant, Murray Bookchin, dont les théories partent du lien fondamental entre problèmes écologiques et problèmes sociaux. Il précise dès les années 1960 que la stratégie visant à cibler la responsabilité individuelle des « consom’acteurs » a peu de chance de fonctionner. En effet, le problème découle essentiellement d’un système économique qui nous oblige à fonctionner selon ses propres règles. C’est bien ce système qu’il s’agit de changer et les aménagements au capitalisme néolibérale ne sont pas une option.

On ne part pas de rien ceci dit et #Nous Sommes se revendique du « mouvement de la transition » qui s’est structuré partout en France autour de foisonnantes initiatives citoyennes. Son porte-voix, Alternatiba a directement été à l’origine de #Nous Sommes. Il s’agit aujourd’hui de passer des bonnes pratiques citoyennes aux bonnes politiques publiques locales et territoriales. Les politiques publiques locales représentent en effet un levier essentiel pour avoir un véritable impact car elles permettent une approche systémique des problèmes du fait d’un champ large de compétences. Au moment où justement il faut sortir les questions écologiques de la périphérie où elles ont été mises.

« Le problème, c’est le modèle ».

Un court livre « Murray Bookchin pour une écologie sociale et radicale » écrit par Vincent Gerber et Floreal Roméo. Les deux auteurs y rappelle les grandes lignes de la pensée de Bookchin : les principes de domination induits par la « société de marché » ont fini par envahir tous les domaines de la vie, colonisant nos valeurs et nos modes de pensée. Le modèle économique du capitalisme est donc à condamner sans détours et sous toutes ses formes. Mais la force de cette pensée réside surtout dans la proposition du « municipalisme libertaire » : un retour à une gestion à échelle humaine des affaires publiques.

Auto-organisation : ce qui est fait sans nous est fait contre nous

Nous pensons que la politique ne doit pas être l’affaire d’une élite éclairée et que tout le monde doit avoir accès à l’action collective pour faire valoir ses droits. Nous nous inspirons directement de méthodes qui visent à « organiser les inorganisé.e.s » afin de permettre à tous les montpelliérain.e.s de faire entendre leurs colères. Nous mettons notamment en place des techniques d' »auto-organisation » (plus connu en anglais sous le nom de « community-organizing ») qui permet de mobiliser les gens en prenant pour point de départ leurs dominations et les injustices vécues matériellement (notamment des problématiques de logement ou de cadre de vie). L’objectif est de permettre à travers ces luttes menées et gagnées collectivement qu’il est possible de dépasser un sentiment de fatalité et une exclusion politique réelle. Le but est in fine de construire un rapport de force par l’organisation collective de celles et ceux dont le seul pouvoir est leur nombre.

Nous pensons plus généralement que la démocratie ne s’exprime pas que dans les sphères institutionnelles. Elle doit aussi faire partie de notre quotidien et être pensée de manière la plus horizontale possible pour la rendre accessible à toutes et tous. Assemblées de voisinage, actions de rue, conseils de quartier, sont autant d’espace d’échanges qu’il faut exiger. C’est d’ailleurs la grande force de l’échelon local car il permet une mobilisation collective dans des réseaux de proximité.

 

Les Etats-Unis restent à la pointe sur le « community organizing ». Différents réseaux fédèrent et outillent ces mouvements populaires. (et notamment le Neighborhoodaction)

En France l’Alliance Citoyenne accompagne des groupes auto-organisés à Aubervilliers, Gennevilliers et Grenoble 

Rules for Radical de Saul Alinsky

La "féminisation" de la politique

Nous sommes persuadé.e.s que la « féminisation » de la politique est un puissant facteur de transformation. Nous entendons par « féminisation » : une présence accrue des femmes dans les espaces de prise de décision, la mise en place de politiques radicales de promotion de l’égalité de genre et la mise à mal des schémas « masculins » qui récompensent les comportements tels que la compétition, la précipitation, la hiérarchie et l’homogénéité. De plus, si notre but est d’approfondir la démocratie et de donner du pouvoir aux gens, promouvoir des façons de faire “féminines” – la collaboration, le dialogue, l’horizontalité – aidera à inclure toutes sortes de groupes défavorisés et devrait être une priorité, indépendamment de la question de genre.

« Féminiser » la politique vise donc à changer le personnel politique mais surtout la manière dont on fait de la politique. Nous ne défendons pas ces arguments depuis une perspective essentialiste. Le rôle des genres est, bien sûr, un produit du patriarcat-même. Nous avons un besoin de valeurs et de pratiques “féminines” parce que la prédominance du style “masculin” nuit aujourd’hui grandement aux politiques qui touchent à notre quotidien.

Un article « Le municipalisme et la féminisation de la politique » – écrit par deux membres Barcelona en Comú, Laura Roth et Kate Shea Baird – retrace bien les enseignements à tirer de la « féminisation » de la politique à Barcelone.

On espère que ce tour d’horizons de celles et ceux qui nous inspirent ici et là te permet d’y voir plus clair. #Nous Sommes en deux mots est foncièrement pragmatique et radical. Nous sommes pragmatiques car beaucoup de problématiques locales, telles que l’accès au logement, à l’eau et à l’électricité, la gestion du transport et des déchets, demandent toutes des réponses IMMEDIATES ET COMPLEXES plutôt que des débats abstraits. Et nous sommes radicaux car nous considérons que les urgences sociales, environnementales et démocratiques doivent être également traitées en s’attaquant à la RACINE des problèmes, sans attendre d’hypothétiques politiques nationales.

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